A l’heure actuelle, les ressources naturelles font l’objet de dégradations à l’échelle mondiale, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’avenir de l’humanité. Dans les pays développés, cette dégradation est liée à la forte industrialisation. Par contre, dans les pays tropicaux les causes sont en majorité liées à la perte du couvert forestier due à la conversion des surfaces forestières en exploitations agricoles, à l’agriculture sur brûlis, à la récolte du bois énergie et à l’exploitation industrielle et artisanale du bois (Asaah et al., 2013 ; Antagana et al., 2014 ; Monnerat et al., 2014).

Le déboisement accéléré réduit la capacité productive des sols et pose le problème de la baisse de la fertilité des sols. Ce faisant, la question de l’accès des populations à une alimentation de qualité et en quantité suffisante prend de l’ampleur. Outre la question de l’insécurité alimentaire, l’approvisionnement en bois énergie pour les usages domestiques est également problématique. La satisfaction des besoins primaires et fondamentaux dans les pays tropicaux est de ce fait confrontée au désir de préserver l’environnement, avec comme défi de nourrir une population rurale et urbaine sans cesse croissante, tout en préservant les ressources naturelles qui constituent le fondement de la production agricole.

Pour améliorer la sécurité alimentaire, les pays d’Afrique centrale font de la gestion durable des ressources naturelles un axe transversal inclus dans les politiques régissant divers domaines d’activités de la vie de leurs pays. Certaines de ces politiques font référence aux systèmes agro-forestiers comme moyen privilégié de lutte contre la dégradation des terres et la déforestation. C’est le cas par exemple du pilier quatre de la stratégie-cadre nationale REDD de la RDC.

Dans l’optique de promouvoir la pratique de l’agroforesterie comme une des réponses aux changements climatiques, à l’insécurité alimentaire et à la lutte contre pauvreté en République Démocratique du Congo, il est mis en œuvre sur le Campus de l’Université de Kinshasa dans la concession de l’ERAIFT le Projet Campus Vert.

Le projet est financé par l’Agence Wallonne de l’Air et Climat (AWAC) et sa mise en œuvre est effectuée par l’ERAIFT, Gembloux Agro-bio Tech de l’Université de Liège et Nature Plus ASBL-Belge. En voulant convertir 10 ha de savane dégradée situés sur le Campus de l’Université de Kinshasa, le projet veut faire de l’ERAIFT un site de démonstration de diverses pratiques agroforestières avec des systèmes de production durables. L’outil privilégié utilisé est la formation et la sensibilisation. Ces cibles sont les administrations locales et nationales, les étudiants, les élèves et les organisations de la société civile.

L’espoir du Projet Campus Vert repose sur le fait qu’à terme un grand public soit sensibilisé et formé sur l’importance des pratiques agroforestières, aussi de voir augmenter le nombre de projet agroforestier en RDC en particulier et de façon plus générale en Afrique.

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